Bouquin en Scène

06 janvier 2017

Ma sélection littéraire 2017

 bonne année 2017

Une nouvelle année qui commence est aussi synonyme de nouvelle année littéraire avec des nouveautés, de nouvelles tendances et de nouvelles envies. L'effervescence et l'euphorie des fêtes retombent peu à peu, c'est le moment idéal pour penser à ses prochaines lectures et organiser sa PAL. Bonne et heureuse année 2017 à tous !

A première vue, la rentrée littéraire de l'hiver 2017 ne m'enchante pas plus que ça et ne rivalise pas avec la superbe rentrée littéraire de septembre 2016. C'est pourquoi, ma pile à lire de cette année sera non seulement constituée d'ouvrages de 2017 mais aussi de publications antérieures. Voici la liste plus ou moins définitive de mes lectures à venir (de nouvelles lectures peuvent s'ajouter en fonction des belles surprises littéraires que réserve 2017). Pour l'instant, il y a 24 livres. S'il y a beaucoup de romans français, c'est qu'ils m'attirent tout naturellement.

- En Patagonie avec Michel Houellebecq de Juremir Machado Da Silva

- L'Ombre du vent de Carlos Ruiz Zafón

- Ne lâche pas ma main de Michel Bussi

- La vérité sur l'affaire Harry Quebert de Joël Dicker

- Le héros discret de Mario Vargas Llosa

- Trois jours et une vie de Pierre Lemaitre

- Guide des égarés de Jean d'Ormesson

- Dieu n'habite pas la Havane de Yasmina Cadra

- Riquet à la houppe de Amélie Nothomb

- Petit pays de Gaël Faye

- Mirage de Douglas Kennedy

- Instincts de Sarah Marquis

- Le premier miracle de Gilles Legardinier

- Ma vie de pingouin de Katarina Mazetti

- L'Homme qui voyait à travers les visages de Eric-Emmanuel Schmitt

- Frida de Benjamin Lacombe

- L'espionne de Paulo Coelho

- Premières neiges sur Pondichéry de Hubert Haddad

- Dark de Edgardo Cozarinsky

- Aujourd'hui dans le désordre de Guillaume Rihs

- Soumission de Michel Houellebecq

Cette année, je tente l'expérience des Livres Audio avec trois titres qui me donnent plus envie d'être écoutés que d'être lus :

- Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu en as qu'une de Raphaëlle Giordano

- Entre Ciel et Lou de Lorraine Fouchet

- Le jour où j'ai appris à vivre de Laurent Gounelle

Quelles sont vos envies de lecture pour 2017 ?

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24 décembre 2016

Noël - Les treize desserts

 

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En cette veille de Noël, je tiens à partager une tradition méditerranéenne ancestrale du réveillon du 24 décembre : Les treize desserts. Faisant les fêtes dans le sud de la France, en famille et entre amis, je suis habituée depuis toute petite à ce rituel de fin de repas gargantuesque. Je croyais que c'était une coûtume partagée dans toutes les régions et je savais un peu moins que c'était en fait une tradition typiquement provençale. Eh oui, en Provence il est inconcevable de clotûrer le festin du réveillon sans les treize desserts en attendant la messe de minuit. Il faut se débrouiller pour garder une petite place... la tradition voudrait que le repas soit léger avant, mais chez moi on ne respecte pas la tradition à la lettre :)

Pourquoi 13 ?

Résultat de recherche d'images pour Il faut aller chercher la réponse dans l'histoire et la religion (catholique). Les treize desserts représentent les douze apôtres et le Christ lors du repas de la Cène. Si l'on veut respecter cette tradition vieille de plusieurs siècles, il faut disposer les desserts sur trois nappes, autour de trois bougies ou chandeliers et de trois coupelles de blé de la Sainte-Barbe (le blé est planté dans les coupelles vingt jours avant Noël, il symbolise la Trinité, on dit aussi que si le blé est bien vert, le 25 décembre, les prochaines récoltes seront bonnes). Bref, il vaut mieux aimer le chiffre trois ! A cette époque de l'année, il n'est pas rare de trouver des sachets de graines de blé dans les boulangeries ou sur les marchés de Noël.

Selon la tradition, une fois le repas fini, on doit tout laisser sur la table pendant trois jours, y compris les miettes. Ces restes sont censés servir de nourriture aux esprits qui rôdent dans la maison. Flippant !

On dit par superstition qu'il ne faut pas être treize à table mais en matière de gourmandise on fait exception.

Quels desserts ?

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La liste varie entre chaque région et même entre chaque famille. On dit qu'il existe plus d'une cinquantaine de variantes des treize desserts ! C'est pourquoi, je vais parler de ceux dont je suis coutumière, ceux du Languedoc.

La pompe à huile (fougasse* parfumée à la fleur d'oranger <3, symbole du pain), les noix, les figues séchées, les amandes, les raisins secs (les quatre mendiants), le nougat noir et le nougat blanc (le pénitent noir et le pénitent blanc), les dattes (symbole des rois mages venus d'Orient) et les fruits de saison : oranges, clémentines, pâte de coing, oreillettes, roses des sables...

Ne recomptez pas, il y en bien treize ! Cela dit au fil du temps on s'est un peu réapproprié la tradition en ajoutant la bûche de Noël, le chocolat, les papillotes... Le tout se déguste traditionnellement autour d'un bon verre de vin cuit mais en Languedoc on le remplace souvent par de la carthagène*. 

Si vous avez des anecdotes à partager, je suis curieuse de connaître vos tradition de Noël !        Résultat de recherche d'images pour  

 * Fougasse : pain provencal à la croûte molle et à la mie épaisse et moelleuse. Servie chaude ou froide, en tant que pain ou dessert, elle peut être nature ou garnie aux olives, aux lardons, au fromage... Délicieux !

* Carthagène : vin de liqueur typique du Languedoc

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04 décembre 2016

Mario Vargas Llosa : un écrivain utopiste ?

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« Il n'y a rien de mieux qu'un roman pour faire comprendre que la réalité est mal faite, qu'elle n'est pas suffisante pour satisfaire les désirs, les appétits, les rêves humains. » Mario Vargas Llosa

Grande figure des Lettres latino-américaines et internationales, Mario Vargas Llosa est un écrivain aux multiples facettes. A la fois intellectuel, grand défenseur des droits humains et personnalité rebelle et insoumise, Mario Vargas Llosa a marqué le XXe siècle. L'utopie est un thème important dans son parcours personnel et dans son oeuvre littéraire majeure. Le thème de l'utopie est particulièrement souligné dans son roman Le Paradis - un peu plus loin, publié en 2003.

Portrait d'un écrivain cosmopolite

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Mario Vargas Llosa est né en 1936 à Arequipa, au sud du Pérou. Son enfance sera une source d'inspiration dans son oeuvre. Il grandit dans un environnement féminin marqué par l'absence paternelle. Son esprit cosmopolite et métissé se dessine au fur et à mesure de ses voyages et de ses expériences en Europe et dans le monde. Sa vie est également marquée par son engagement en politique et ses opinions libérales. « Le maître du bouillonnement romanesque » est considéré comme l'un des auteurs les plus complets et les plus innovants de sa génération. Il est l'un des grands noms du boom de la littérature latino-américaine des années 1960 avec, entre autres, Carlos Fuentes et Gabriel García MárquezMario Vargas Llosa est l'auteur de nombreux romans, nouvelles et essais comme La tante Julia et le scribouillard (1980) qui a reçu le prix du meilleur livre étranger, Lituma en los Andes (1993) qui est l'un des meilleurs romans en espagnol du XXe siècle, et De Sabres et d'utopies (2011) qui apporte un éclairage sur le parcours politique et intellectuel du romancier péruvien et permet de mieux appréhender son histoire, sa culture et son siècle. En 1994, le prix Cervantes lui est décerné en récompense de son style visionnaire et en 2010, il reçoit la consécration suprême pour un écrivain : le prix Nobel de littérature. Derrière les mots, se cachent une vie, des influences, une pensée, etc. De cette façon, il est intéressant de noter le rôle important de l'utopie dans la vie et l'oeuvre de Mario Vargas Llosa.

Le Paradis - un peu plus loin , utopies du XIXe siècle

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Dans ce roman, Mario Vargas Llosa évoque les grandes utopies politiques et artistiques du XIXe siècle à travers la vie de deux personnalités emblématiques. D'un côté, Flora Tristan, « Florita la Andaluza », une célèbre militante féministe et sociale franco-péruvienne qui mit son existence au service d'une oeuvre collective à Paris : rétablir un paradis terrestre où le bonheur serait possible pour tous. De l'autre, Paul Gauguin « Koke el Maori », petit-fils de Flora Tristan, qui revendique son appartenance aux mondes exotiques, aux cultures primitives. Ce peintre postimpressionniste bohème et excentrique, qui posa ses valises aux îles Marquises, consacra son existence à la recherche d'un paradis perdu non contaminé par la société occidentale. Grâce à la magie de l'écriture, Mario Vargas Llosa possède le pouvoir de réunir, à travers la fiction, ces deux personnages qui ne purent jamais se connaitre en réalité. Ces deux destins atypiques, liés par le sang, s'entremêlent tout au long du roman à travers une construction extraordinaire qui met en relief ces deux êtres libertaires, opposés, passionnés et par dessus tout humains. Ce roman met en avant la recherche de deux paradis contrastés, l'un collectif et social, l'autre individuel et artistique. Malgré le fait qu'ils ne purent se connaitre, ils dédièrent leur vie à la recherche de l'absolu et de l'idéal perdu en titillant l'enfer et le tragique.

D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? de Paul Gauguin, peint en 1897.
 D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? de Paul Gauguin, peint en 1897.

Le Paradis - un peu plus loin est un appel à l'évasion et au voyage et permet de faire plus ample connaissance avec un écrivain latino-américain, dont la terre d'origine représente, pour le lecteur occidental, le mystère, la magie d'un monde lointain et inconnu qu'il est souvent possible d'entrevoir qu'à travers les témoignages, l'écriture et la fiction. Autrement dit, un véritable paradis terrestre.

26 novembre 2016

Partenariat

 

 

                                                       Service de presse

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Ces services de presse m’envoient un ou plusieurs de leurs ouvrages pour que je les lise en échange d’une chronique sur mon site. Je m’engage à poster mon avis dans le mois suivant la réception du livre dans la mesure du possible et de la quantité de livres en attente d’être chroniqués sur mon blog.

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France Loisirs

Le Choix d'une vie de Isabelle Chavy

Cadran de Sébastien Bouchery (Prix des lecteurs France Loisirs 2016)

    

 

                                                   Auteur

Ces auteurs me font confiance pour la chronique de leur ouvrage. En échange de l'envoi d'une oeuvre, je m'engage à publier un article sous un mois environ.

Les Meilleurs amis du monde

 

Agnès Le Normand, Les meilleurs amis du monde, Librinova, 2016.

 

 

 

 

 

 

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                                                    Revue

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Maze Magazine est un journal en ligne géré principalement par des étudiants au profit de l'assocation Inspira. Il traite de sujets d'actualité, d'art, de cinéma, de littérature, de musique... J'ai intégré la rédaction du journal en septembre 2016 et je publie chaque mois un article dans la rubrique "littérature". Mes articles sont accessibles sur le blog dans la catégorie "Maze Magazine".

 

Le site en ligne :

https://maze.fr/

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17 novembre 2016

Suisse : Le polar à la cote !

 

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Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas. C'est un peu la même philosophie pour les tendances littéraires. Un vent de « polar » souffle sur l'Helvétie. En septembre, le polar était déjà à l'honneur sur les quais de Morges durant les trois jours du festival du livre. Une ambiance unique et feutrée au bord des rives du lac Léman. Le 18 et 19 novembre, c'est au tour de Lausanne d'accueillir le premier festival du polar en Suisse, « Lausan'noir ». Deux journées de rencontres et de festivités autour du livre à suspense. Librairie spécialisée, activités multiples, dédicaces, conférences, tables rondes, lectures et surprises sont les principaux ingrédients d'un festival du Livre réussi. De nombreux auteurs suisses, francophones et internationaux deviennent accessibles et côtoient les lecteurs venus à la recherche de leurs livres et écrivains favoris.

Le roman noir : les secrets du succès

Selon un récent sondage du ministère français de la culture, un roman vendu sur quatre est un polar. C'est le genre le plus souvent lu surtout par les femmes. Il a un succès fulgurant dans les pays nordiques, talentueux dans ce genre, notamment avec le succès de la saga Millénium. Et cet engouement gagne peu à peu la Suisse. On assiste à un imagesvéritable renouveau du polar, il se modernise et n'est plus considéré comme de la sous-littérature. Le regard et l'attitude du lecteur changent devant ce style de littérature qui a, il faut l'avouer, un atout majeur : il se décline à l'infini ! Thrillers, polars psychologiques, historiques, exotiques, dramatiques, fantastiques... L'arc-en-ciel est suffisamment large pour que toute la société puisse s'identifier à la trame. Comme l'affirme François Guérif, directeur de la collection Rivages Noir Payot, le polar est «le reflet de la société. Il permet de disséquer le monde, depuis les hautes sphères de la finance jusqu'aux bas-fonds. Tous les sujets peuvent être traités par le biais du polar, c'est ce qui fait sa force et son succès.» La clé du succès du polar se trouve certainement dans l'art et la manière de jongler avec les genres littéraires au service de l'intrigue.

 Zoom sur Le Dragon du Muveran de Marc Voltenauer

Résumé : Le village de Gryon, dans les Alpes vaudoises, est en émoi : dans le temple gît un cadavre, nu, allongé sur la table sainte, les bras écartés à l'image du Christ crucifié, les orbites vides et ensanglantées. A l'extrémité du couteau qui lui a transpercé le cœur, un message : « Si Screen-Shot-2015-08-17-at-09 la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes les ténèbres ! ». L'inspecteur Andreas Auer est rapidement convaincu que ce meurtre est le premier acte d'une mise en scène macabre et symbolique. Peu à peu, les secrets que certains villageois auraient préféré garder enfouis refont surface et viennent semer le trouble dans ce lieu d'habitude si paisible. Ce premier épisode des enquêtes d'Andreas Auer le met aux prises avec un tueur redoutable, dans une véritable course contre la montre haletante et riche en rebondissements.

Le premier roman de Marc Voltenauer, paru aux Editions Slatkine en 2015, est un succès qui enflamme la Suisse romande et au-delà de ses frontières. D'origine genevoise, Marc Voltenauer puise soninspiration de sa terre natale et pose son intrigue sur le pittoresque village de Gryon. Sa plume d'écrivain est influencée par des études en théologie et de nombreux voyages. Son goût pour les films et les romans policiers le mène tout naturellement vers le polar. Dans Le Dragon du Muveran, on se prend à jouer à « l'apprenti enquêteur » pour découvrir l'identité du coupable et son mobile. L'écrivain nous propose une enquête époustouflante au suspense débordant et aux accents scandinaves. Le romancierpolar2 laisse à penser que le talent d'un bon auteur de romans policiers réside dans ce plaisir insidieux que l'on a, en tant que lecteurs, à être pris en otage par l'intrigue, témoins de l'indicible, et toujours avantagés d'une longueur d'avance sur les enquêteurs, Des personnages forts, hantés par l'enfance, une intrigue naviguant entre Lausanne et les pâturages de Gryon, entre légende et vengeance - et le charme opère. Par chance, le deuxième volet est en cours... Le mystère posera ses valises à Berlin. On en frissonne déjà !

 Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l'auteur : 

 http://www.marcvoltenauer.com/MARCVOLTENAUER/Accueil.html

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03 novembre 2016

Le choix d'une vie - Isabelle Chavy

Résumé

Anna, jeune mère de famille parisienne, apprend qu’elle est l’héritière d’une maison dans l’Yonne. Annonce surprise qui pousse la jeune femme à se plonger dans son histoire familiale. Quels secrets abritent cette demeure ?

Au début du XXe, Virginie, l’arrière-grand-mère d’Anna, fuit une vie de misère en se faisant embaucher dans le domaine d’une veuve qui voit d’un mauvais œil l’histoire d’amour naissante entre la jeune fille et son fils Félix. Le couple se marie en cachette et s’échappe à Paris. Félix, renié et déshérité, supporte mal cette vie de pauvreté. Bientôt la guerre éclate et il est mobilisé…

 "Il faut toujours un coup de folie pour bâtir un destin" Marguerite Yourcenar

 

Titre : Le choix d'une vie

Pages : 384

Editions : Nouvelles Plumes

Collection : France Loisirs

Publication : 2016

ISBN : 978-2-298-11592-5

Le livre est composé de 2 parties et de 20 chapitres 

 

 

 

 

Un brin de culture :

Zoom sur la guerre 14-18 : La première guerre mondiale aussi surnommée "la Grande Guerre" se déroula du 28 juillet 1914 au 11 novembre 1918. Deux grandes alliances s'opposèrent : la Triple-Entente ou les alliés (France, Royaume-Uni, Russie...) et la Triple Alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie...). Elle fut marquée par de grandes dates comme la bataille de Verdun et celle de la Somme. Les soldats au front ont été surnommés les "poilus". Elle se solda par la victoire des alliés. Elle engendra des millions de morts et de blessés et reste un des événements les plus marquants du XXe siècle.

 Mon avis :

 Voyager dans le temps... C'est aussi ça la littérature ! Le choix d'une vie est le second roman de Isabelle Chavy. L'auteure use sensiblement du même style et du même fond dans ses œuvres. Ses écrits sont à tendance autobiographique. L'écrivaine s'inspire de faits réels de sa propre histoire pour imaginer une fiction. Les thèmes principaux sont la famille, le voyage entre passé et présent avec pour toile de fond le réalisme du passé historique. Un passé à retranscrire, une histoire d'amour impossible, la fuite et le secret, les années 20, la tragédie de la guerre sont des ingrédients qui à coup sûr mènent à l'émotion. En tous cas, sur moi ça ne rate jamais !

Le récit commence à l'époque moderne. Anna, employée de bibliothèque à Paris, mène une vie animée, entourée par ses deux jeunes garçons (plutôt turbulents) et son mari aimant Marc. Sans oublier sa soeur extravertie Noémie. Cette petite routine se voit soudain perturbée par l'appel d'un généalogiste au sujet d'un héritage familial. Elle serait l'héritière d'une maison dans l'Yonne. Anna et les siens sont invités malgré eux à ressortir le passé secret et enfoui de leur famille. Au fil des pages, nous faisons un bon dans le passé pour découvrir la vie de l'arrière-grand-mère d'Anna, Virginie, au coeur des années 20. Ce roman nous arrache de notre réalité. Nous suivons l'évolution du personnage à l'esprit rebelle et libertaire dans une époque marquée par des traditions et des moeurs particulières surtout pour les femmes. Venant d'une famille paysanne modeste du nord de la France, elle partira travailler en tant que bonne dans une famille bourgeoise de la région. Un amour caché va naitre entre Virginie et Félix, le fils de sa patronne. Cette idylle incontrolable et interdite les poussera à l'éxil à Paris sans le sou avec comme seule ressource leur passion. Leur destiné sera bouleversée par l'arrivée de la guerre et la séparation forcée du couple, Félix étant appelé à rejoindre le front. Les descriptions de ces terribles quatre années ont été maintes fois mises sur papier mais font ressortir toujours la même émotion. Le dénouement de l'histoire est surprenant mais remis dans le contexte anormalement tragique de cette époque-là on se dit que tout devient possible !

Ce roman nous plonge dans le mystère d'un passé familial qui mène jusqu'au coeur de la première guerre mondiale. Dans un véritable voyage entre passé et présent, la littérature se mêle à l'Histoire avec délicatesse et brio. La petite histoire sauvegarde la Grande Histoire. Seul petit bémol : on a tendance à se perdre dans l'arbre généalogique de la famille. Il est difficile de retenir tous les personnages plus ou moins importants du récit. La souplesse de la plume de Isabelle Chavy ajoutée à une trame familiale faisant echo au contexte tragique de la guerre feront savamment ressortir diverses émotions et souvenirs peut être pour certains. L'intrigue est bien menée et l'intensité du récit est grande. La curiosité du lecteur est accentuée par un suspense rondement menée. On est pressé de découvrir le mystère et la vérité autour du passé de la famille Armandin !

"...Tu connais le dicton : on ne mélange pas leanciennes-halles-pariss torchons et les serviettes. Quelques-unes en ont fait les frais. Il n'y aura pas d'exception pour toi. Là-dessus, il s'en alla, laissant une Virginie pétrifiée de honte. Les propos de Paul la hantèrent longuement, résonnant dans sa tête durant des jours. Puis, peu à peu, elle commença à comprendre ce que vivait Félix. Cette vie, si enviable en apparence, était une prison dorée, obéissant à des règles sclérosées et étouffantes. Où toutes les hypocrisies étaient permises. L'odieux qu'en dira-t-on ! Les préjugées sociaux lourds comme des pavés ! On n'était plus au XIXe siècle, que diable ! Etait-elle donc si inférieure et si misérable pour ne pas être digne d'inspirer des sentiments à un homme comme Félix, qui n'était même pas comte, baron ou duc ? Lequel des deux se rabaissaient le plus dans toute cette histoire : la petite bonne, fille de culs-terreux, qui se laissait séduire par le riche bourgeois ou ce dernier qui avait des pulsions non avouables pour une simple domestique ? Ce temps-là n'était-il pas dépassé ? Gagnée par une indignation croissante, elle sentit la dernière digue céder en elle. D'ailleurs, elle ne se sentait plus la force de résister à la volonté de Félix. Ce garçon avait à son égard une tendresse et une admiration sans bornes. Il la couvait littéralement des yeux. Quand il la touchait, tout son corps s'électrifiait à ce contact. Un lien invisible les unissait, mystérieux et puissant ; une sorte d'attraction quasi animale. Voilà, c'était dit : elle aussi avait de plus en plus souvent des envies irrépressibles de le toucher, d'entendre sa voix contre son oreille, de se blottir dans ses bras, de s'y fondre". (p. 143)

Quelques mots sur l'auteure :

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Isabelle Chavy est née en 1974. Après des études de lettres modernes à la Sorbonne, elle enseigne comme professeure des écoles. Elle vit à Niort avec son mari et leurs trois enfants. Elle a toujours été passionnée par l'écriture. Pour en savoir plus sur la femme et l'auteure, il est intéressant de consulter son blog en ligne. http://isabellechavy.fr/ 

BLog de Isabelle Chavy

En ce moment, je suis sur l'écriture d'un nouveau roman. Il n'en est qu'aux balbutiements et de toute façon, cela prendra du temps. Travailler les mots comme d'autres travaillent le bois, le métal précieux, avec patience et passion. On peut parfois rester des heures, des semaines sur une phrase, un paragraphe, jusqu'à ce qu'on trouve enfin le bon rythme, la sonorité idéale.   

Bibliographie :

 L'orpheline de Saint Aubin, Paris, Nouvelles Plumes, 2014

Le choix d'une vie, Paris, Nouvelles Plumes, 2016

 

 

 

 

14 octobre 2016

Demain j'arrête ! - Gilles Legardinier

Résumé : 

 Et vous, quel est le truc le plus idiot que vous ayez fait de votre vie ?

Au début, c'est à cause de son nom rigolo que Julie s'est intéressée à son nouveau voisin. Mais très vite, il y a eu tout le reste : son charme, son regard, et tout ce qu'il semble cacher...

Parce qu'elle veut tout savoir de Ric, Julie va prendre des risques de plus en plus délirants...

 

Titre : Demain j'arrête !

Pages : 405

Editions : Pocket

Publication : 2011

ISBN : 978-2-266-23304-0

 

 

 

 

 

 

Mon avis

"Il faut tout espérer, au risque d'être déçu. Il faut tout éprouver au risque d'être blessé, tout donner au risque d'être volé. Ce qui vaut la peine d'être vécu vous met fd9184b_55fd5f7ffe22431fa29fe2dbe77ab0f5~mv2_d_1334_1334_s_2orcément en danger." J'avoue que j'ai craqué pour ce livre à cause de sa couverture: un chat gronchon coiffé d'un bonnet péruvien, avouez que ça attire l'attention ! On se demande quelle histoire se cache derrière tout ça. Et j'aime les chats : indépendants, sournois, solitaires... C'est simple, ce livre ne se lit pas, il se dévore ! J'ai battu mon record de vitesse de lecture : 24h, une nuit blanche et quelques crises de fous rires plus tard j'ai tourné la dernière page de ce livre en regrettant qu'il ne contienne pas quelques pages de plus. Avec ce livre, plus besoin d'antidépresseurs, c'est un cocktail de bonne humeur ! On passe par tous les états : rire, tension, émotion rythment cette comédie. On s'attache immédiatement à Julie, la trentaine, banquière puis boulangère, drôle, maladroite, insensée, attendrissante, amoureuse, prête à tout pour séduire Ric Patatras, son voisin d'en haut, pour lequel elle va développer une véritable obsession. Ce livre est aussi une belle démonstration d'amitié au quotidien. La complicité et le soutien des ami(e)s sont bien représentés. C'est un livre léger et plein d'humour qui montre les mille états d'âme par lesquels passe une femme amoureuse, peut être un brin trop stéréotypé ou exagéré. Mais n'importe quelle fille se reconnaitra un tantinet dans l'attitude "fofolle" de Julie. Le cerveau d'une femme amoureuse est tellement bien décrypté que je suis étonnée que l'auteur soit un homme. Les filles, on est démasqué !  

 Attention : ce livre est à lire dans un endroit isolé, les crises de fous rire non contrôlées en public peuvent faire l'objet de regards interrogateurs... ;)  

 

 

 

 

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04 octobre 2016

Une Dernière danse - Victoria Hislop

Résumé :

 Quand elle arrive à Grenade pour y prendre des cours de danse, Sonia, jeune londonienne, ne sait rien du passé de la ville. Une conversation avec le patron du café El Barril la plonge dans la tragique destinée de la famille Ramírez : dans les années 1930 vivaient dans ces lieux trois frères aux idéaux opposés, veillant jalousement sur leur jeune sœur, Mercedes, passionnée de flamenco. Tandis que celle-ci tombe amoureuse du guitariste gitan qui l'accompagne, l'Espagne sombre dans la guerre civile. Quel camp chacun va-t-il choisir ? Quels secrets et trahisons vont déchirer la fratrie à jamais ? Happée par ce récit de feu et de sang, Sonia est loin d'imaginer que sa propre existence en sera bouleversée.

"Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes"

 

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Auteur : Victoria Hislop

Titre : Une dernière danse

Pages : 616

Editions : Les Escales

Collection : Le Livre de Poche

Publication (en France) : 2014

ISBN : 978-2-253-17811-8

Le livre est composé de 3 parties et de 40 chapitres

 

 

 

Un brin de culture :

 Zoom sur Grenade : En Espagne, au sud-est de l'Andalousie se trouve Grenade. Situé aux pieds de la Sierra Nevada, à la croisée de trois rivières le Beiro, le Daro et le Genil, ce joyau andalou s'est forgé sur trois cultures : chrétienne, musulmane et juive. Baignée d'arômes cosmopolites, Grenade est divisée en quatre vieilles villes : le quartier de "l'Albaicín" est le vestige de l'empreinte musulmane, le "Realejo-San-Matías" est d'origine juive, le "Sacromonte" est le quartier gitan et le "Centro Sagrario" d'origine chrétienne est le cœur de la ville. Sur les hauteurs, le majestueux palais de l'Alhambra veille sur la ville (inscrit au patrimoine mondial). Une atmosphère unique se dégage de Grenade et de l'Andalousie : ambiance festive, chants, danses, airs de guitare au détour d'une ruelle, délicieuses tapas, sentiment de liberté. Le tout dans une architecture digne des mille et une nuits (paroles d'une ancienne "érasmusienne" nostalgique de Cadix).

 Zoom sur le flamenco : Contrairement à la joyeuse salsa, le flamenco est une expression profonde de la souffrance de l'âme humaine. C'est un genre musical et une danse datant du XVIIe siècle qui puise ses racines dans le folklore populaire andalou. Cet art de vivre est le fruit de différentes cultures (arabo-musulmane, juive, chrétienne). La danseuse de flamenco porte des chaussures à talons hauts, une longue robe colorée, parée de volants (sur le bas et sur les manches), et elle est coiffée traditionnellement d'un chignon.

 Mon avis :

Une dernière danse est le premier roman de Victoria Hislop que je lis et je ne suis pas déçue. Malgré quelques longueurs, la plume de l'écrivain est magnifique et me donne envie de découvrir ses autres romans. J'en ai lu les résumés et Victoria Hislop use sensiblement du même style et du même fond dans ses œuvres. On peut le voir comme un manque de singularité... mais non, ça marche (sur moi du moins) ! Une histoire d'amour tragique sur un fond de réalisme historique. Je suis conquise. Il faut quand même dire que ce roman est un pavé de plus de 600 pages avec beaucoup d'informations à assimiler, des faits historiques et des événements qui s'enchainent à toute vitesse. Il faut aimer ce genre de littérature. Personnellement, je ne me suis pas ennuyée une seconde. Plonger dans ce roman, c'est comme remonter le temps.

Tout commence par un simple séjour touristique à Grenade entre deux amies londoniennes en 2001. Sonia et Maggie sont totalement différentes, l'une est blonde et sage, l'autre est brune et plus "électron libre" (On dit que les opposés s'attirent). Ce voyage de quelques jours en Andalousie doit être synonyme de fête, de découverte de la culture et des traditions, de visite de la ville mais surtout de danse. La danse est l'oxygène de Sonia, elle ne peut pas vivre sans danser. Elle tient sûrement cette passion de ses origines espagnoles maternelles ou bien de son besoin d'exprimer sa liberté face à un mari alcoolique et sans intérêt. Quoi qu'il en soit, on se retrouve plongé dans l'ambiance espagnole libre et festive avec ses musiques, ses chants, ses danses, son mode de vie caractéristiques de l'Andalousie. On trouve également de magnifiques descriptions de la tauromachie, du flamenco, cette complicité unique entre le guitariste et sa danseuse, l'expression de la passion, la colère et le chagrin à travers l'art.

L'intrigue est lancée lorsque au détour d'une ruelle, Sonia rencontre Miguel, le patron du café El Barril, qui va lui narrer la tragique histoire de la famille Ramírez pendant la guerre civile et lui parler de personnes qui font partie de l'histoire de son pays, comme le poète Federico García Lorca. Sonia sera complètement hypnotisée par ces révélations et fera des découvertes sur sa propre vie, car en fait un lien unit la jeune londonienne et Grenade. Elle part en quête de ses origines inconnues à travers le passé historique. Le petit café pittoresque  appartenait, jadis, à une famille unie, les Ramírez : les parents, Pablo et Concha, les trois fils et Mercedes, la benjamine, férue de flamenco. La guerre civile va venir rompre la quiétude du quotidien : les fils se déchirent, leurs sympathies n’allant pas au même camps, et Mercedes, amoureuse d’un gitan, voit sa passion contrariée par les événements qui secouent le pays et elle n'hésitera pas à traverser l'Espagne à pied pour tenter de retrouver son bien-aimé. Très vite, la tragédie s’invite et en quelques années, le destin de la famille entière bascule : exécutions, détention, bombardements, exode… Victoria Hislop nous dépeint l'exemple d'une famille comme il y en a eu des milliers en Espagne.

Passé et présent s’entremêlent dans le récit et l'intensité atteint son apogée à la fin au moment de la révélation du vieil homme. Oui bon, je n'ai pas honte de dire que les larmes me sont montées aux yeux, c'est beau, c'est tragique et c'est bien écrit ! Victoria Hislop joue admirablement bien sur la corde sensible. Elle a beaucoup de choses à nous transmettre et le lecteur a soudain le devoir de ne pas oublier l'Histoire. Une dernière danse est comme un voyage dans le temps où, entre flamenco et corrida, entre quête et récit, entre déchirement et amour, une petite histoire côtoie la grande Histoire.

Un passage sélectionné pour vous :

"L’une des danseuses revenait ; elle parcourut la scène aussi étroite qu’un couloir en tapant du pied, les volants de son jupon balayant les pieds recouverts de poussd9184b_1241876f5d9e4b658c1772d421f6afd3~mv2_d_1334_1334_s_2ière des touristes assis au premier rang. Le tissu de sa robe, d’un orange vif parsemé de gros pois noirs, était tendu sur son ventre et sa poitrine. Les coutures étaient tirées. Ses pieds martelaient en rythme les lames de bois qui composaient la scène : un deux, un deux, un deux trois, un deux trois, un deux…
Puis ses mains s’élevèrent dans les airs, les castagnettes s’agitant dans un trille agréable, et la femme se mit à tourner lentement. Tandis qu’elle virevoltait, ses doigts claquaient contre les petits disques noirs qu’elle tenait entre les mains. Le public était sous le charme. Un chant plaintif l’accompagnait ; le chanteur gardant la plupart du temps les yeux baissés. La danseuse poursuivit, plongée dans une transe personnelle. Si elle suivait la musique, elle n’en montrait rien, et si elle avait conscience de la présence du public, celui-ci ne le ressentait pas. L’expression de son visage sensuel n’était que pure concentration et son regard était plongé dans un autre monde qu’elle seule discernait. Sous ses bras, le tissu s’assombrit de transpiration et des gouttes de sueur perlèrent à son front tandis qu’elle tournoyait, toujours plus vite." (p.16-17)

 

 

Quelques mots sur l'auteure :

 victoria hislopVictoria Hislop est diplômée de littérature anglaise de l'université d'Oxford. D'origine britannique, elle vit entre l'Angleterre et la Crète, et parle français couramment. Elle a travaillé comme journaliste avant de devenir romancière. Elle devient internationalement connue à la publication de son premier roman, L'Ile des oubliés, en 2005.

 

Bibliographie :

Le Coeur d'Angeliki, Paris, Les Escales, 2012

L'Ile des oubliés, Paris, Les Escales, 2012

Le Fil des souvenirs, Paris, Les Escales, 2013

Une Dernière danse, Paris, Les Escales, 2014

La Ville orpheline, Paris, Les Escales, 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

02 octobre 2016

Adultère - Paulo Coelho

Résumé :

"Une vie sans amour vaut-elle la peine d'être vécue ?"

Linda a 31 ans et, aux yeux de tous, une vie parfaite : elle a un mari aimant, des enfants bien élevés, un métier gratifiant de journaliste et habite dans une magnifique propriété à Genève. Cependant, elle ne supporte plus de faire semblant d'être heureuse quand, en vérité, elle ne ressent rien d'autre qu'un sentiment grandissant d'apathie et d'indifférence.

Jusqu'au jour où elle retrouve un ancien petit ami. Jacob est un homme politique de premier plan et, lors d'une interview, il éveille en elle un sentiment oublié depuis longtemps : la passion. Elle fera tout pour conquérir cet amour impossible et devra aller au plus profond d'elle-même pour enfin trouver le bonheur.

"Aimer, c'est transformer l'esclavage en liberté"

 

Titre : Adultère

Pages : 314

Editions : Flammarion

Publication : 2014

Le livre est composé de 61 courts chapitres 

 

 

 

 

 

Un brin de culture :

 Genève : Plutôt que d'aller chercher des infos toutes faites sur Genève comme le nombre d'habitant, la superficie de la ville ou encore sa position géographique, je préfère laisser la parole à Paulo Coelho, habitant de Genève depuis 10 ans, qui a un ressenti assez parlant de l'atmosphère de cette ville suisse. L'extrait se trouve aux pages 20 et 21 de Adultère :

"Je laisse ma voiture dans un parking - "Prends le transport public jusqu'au centre ! Assez de pollution !"-, je prends l'autobus habituel et je vois les mêmes choses sur le chemin qui me conduit au travail. Genève ne semble avoir changer en rien depuis mon enfance : les vieilles maisons seigneuriales s'accrochent entre les immeubles construits par un maire fou qui découvrit la "nouvelle architecture" dans les années 1950. Chaque fois que je pars en voyage, cela me manque. Ce terrible mauvais goût, l'absence de grandes tours de verre et d'acier, l'absence de voies express, les racines des arbres crevant le béton des trottoirs et nous faisant trébucher à tout instant, les jardins publics avec leurs mystérieuses clôtures en bois dans lesquelles poussent toutes sortes d'herbes, parce que "la nature est ainsi"... Une ville différente de toutes les autres qui se sont modernisées et ont perdu leur charme. Ici nous disons encore "bonjour" quand nous croisons un inconnu en chemin et "au revoir" en sortant d'une boutique où nous avons acheté une bouteille d'eau minérale, même si nous n'avons nulle intention d'y retourner. Nous parlons encore avec des étrangers dans l'autobus, bien que le reste du monde imagine que les Suisses sont discrets et réservés. Quelle méprise ! Mais c'est bien qu'on pense cela de nous. Nous conserverons ainsi notre style de vie encore cinq ou six siècles, avant que les invasions barbares ne traversent les Alpes avec leurs merveilleux équipements électroniques, leurs appartements aux chambres petites et aux grands salons pour impressionner les invités, leurs femmes excessivement maquillées, leurs hommes qui parlent très fort et dérangent les voisins, et leurs adolescents qui s'habillent en rebelles mais redoutent ce que pensent leur père et mère. Laissez-les penser que nous ne produisons que du fromage, du chocolat, des vaches et des montres. Croire qu'il y a une banque à chaque coin de rue à Genève. Nous n'avons pas le moindre intérêt à changer cette vision. Nous sommes heureux sans les invasions barbares. Nous sommes armés jusqu'aux dents - le service militaire étant obligatoire, chaque Suisse possède un fusil chez lui -, mais on entend rarement dire qu'une personne a décidé de tirer sur une autre. Nous sommes heureux sans rien changer depuis des siècles. Nous sommes fiers d'être restés neutres quand l'Europe a envoyé ses fils dans des guerres insensées. Nous nous réjouissons de n'avoir à donner d'explications à personne sur l'apparence peu attirante de Genève, avec ses cafés de la fin du XIXe siècle et ses vieilles dames qui se promènent dans la ville."

 Mon avis :

Ce que j'aime chez Paulo Coelho, c'est sa plume si particulière, reconnaissable parmi des centaines. On ne lit pas ses ouvrages seulement pour se détendre, on ressort grandi après chaque lecture. Son style aux accents philosophiques aborde des thèmes variés souvent de manière spirituelle et une morale se dégage du récit comme une invitation à appréhender la vie du mieux possible. En cela, Paulo Coelho est plus qu'un écrivain, à mon sens il s'apparente plus à un guide spirituel. Dans Adultère, il traite les sujets du doute, des faiblesses, de la culpabilité, de l'amour, du sens de la vie. Son écriture est simple mais sa réflexion est grande.

L'histoire est narrée par la protagoniste, Linda, une jeune femme de 31 ans à la vie parfaite en apparence. On a l'impression de s'introduire dans le cerveau d'une trentenaire. C'est comme si nous lisions le journal intime d'une femme en proie aux doutes de l'existence. Nous découvrons ses pensées cachées car en apparence elle ne dévoile rien de ses angoisses et de ses sentiments enfouis. Elle est journaliste à Genève, a une vie bien rangée, un mari riche et attentionné, deux beaux enfants. Alors pourquoi tout remettre en question quand tout va bien au péril de tout bouleverser ? La tentation de renouveau et de liberté apparait quand elle croise un ex-petit ami du lycée. Un jeu de séduction entre péché et culpabilité s'installe entre eux. Ce livre est une plongée dans les tréfonds de l'âme humaine (féminine). La plume de Paulo Coelho est douce, délicate, parfois incisive et réaliste.

Outre l'intérêt psychologique de ce roman, j'ai apprécié les belles descriptions de Genève. J'aime lire des romans dont je connais le lieu de la trame. Il est plus facile de s'identifier et de visualiser l'action.  Quelles voies mènent au bonheur ? Ce livre est une réflexion sur la quête du bonheur et les moyens de l'atteindre, bien ficelée entre souvenir du passé et crainte de l'avenir. Paulo Coelho est l'auteur d'une expression, selon lui chaque individu doit accomplir son destin, guidé par ses envies profondes : la "légende personnelle".

 Un passage sélectionné pour vous :

"Je quitte l'arrêt de bus et je commence à retourner vers ma voiture. Je regarde les feuilles mortes sur le sol. Je pense qu'à Paris elles auraient déjà été ramassées. Mad9184b_fa508ee45eaf4be680a0d169d8b81d21~mv2is nous sommes à Genève, une ville beaucoup plus riche, et elles sont encore là. Un jour ces feuilles ont fait partie d'un arbre, qui maintenant s'est mis en veille et se prépare pour une saison de repos. L'arbre a-t-il par hasard de la considération pour ce manteau vert qui le couvrait, le nourrissait et lui permettait de respirer ? Non. A-t-il pensé aux insectes qui vivaient là et qui contribuaient à la pollinisation des fleurs, gardant la nature en vie ? Non. L'arbre ne pense qu'à lui : il se débarrasse de certaines choses, comme les feuilles et les insectes, quand c'est nécessaire. Je suis une de ces feuilles sur le sol de la ville, qui a toujours cru qu'elle serait éternelle et est morte sans savoir exactement pourquoi ; qui a aimé le soleil et la lune et vu très longtemps ces bus qui passent, ces tramways bruyants, et que personne n'a jamais eu la délicatesse de prévenir que l'hiver existait. Elles en ont profité au maximum, et puis un jour, elles ont jauni et l'arbre leur a dit adieu. Il n'a pas dit au revoir, mais adieu, sachant qu'elles ne reviendraient plus jamais. Il a demandé l'aide du vent pour les détacher de ses branches et les emporter bien loin. L'arbre sait qu'il ne pourra pas grandir que s'il parvient à se reposer. Et s'il grandit, il sera respecté. Et il pourra produire des fleurs encore plus belles." (p. 257-258)

 Quelques mots sur l'auteur :

 Il n'est plus nécessaire de prPAULO_COELHOésenter l'écrivain brésilien Paulo Coelho tant sa notoriété est grande. Né à Rio de Janeiro en 1947, il a commencé à écrire à l'âge de 35 ans et puise son inspiration dans son expérience de vie et dans ses voyages. Il a été lu par des millions de lecteurs dans le monde et c'est l'écrivain qui est le plus suivi et actif sur les réseaux sociaux. Son oeuvre a été publiée dans 168 pays et traduite en 80 langues. La plupart de ses oeuvres sont des best-sellers mondiaux notamment Le pèlerin de CompostelleAleph ou encore L'Alchimiste. Depuis 2002, il est membre de l'Académie des Lettres brésilienne. En 2007, il a été nommé Messager de la paix de l'ONU et a reçu de nombreux prix et distinctions.

 

 

 

Bibliographie :

L'Alchimiste, éd. Anne Carrière, 1994

Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j'ai pleuré, éd. Anne Carrière, 1995

Le Pèlerin de Compostelle, éd. Anne Carrière, 1996

La Cinquième Montagne, éd. Anne Carrière, 1998

Manuel du guerrier de la lumière, éd. Anne Carrière, 1998

Conversations avec Paulo Coelho, éd. Anne Carrière, 1999

Veronika décide de mourir, éd. Anne Carrière, 2000

Le Démon et Mademoiselle Prym, éd. Anne Carrière, 2001

Onze Minutes, éd. Anne Carrière, 2003

Maktub, éd. Anne Carrière, 2004

Le Zahir, Flammarion, 2005

Comme le fleuve qui coule, Flammarion, 2006

La Sorcière de Portobello, Flammarion, 2007

La Solitude du vainqueur, Flammarion, 2009

Brida, Flammarion, 2010

Aleph, Flammarion, 2011

Le Manuscrit retrouvé, Flammarion, 2013

Adultère, Flammarion, 2014

12 septembre 2016

Mes sites et blogs chouchous

 

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Il y a 10 ans les blogs n'existaient pas. Aujourd'hui, il y en a des millions. De quoi se perdre ! Besoin d'une boussole ? J'ai concocté une sélection de sites et de blogs que j'aime particulièrement et sur lesquels je me rends régulièrement. Parmi eux se trouvent des sites dédiés à la littérature, des pages littéraires de magazine, des blogs d'actualité littéraire, des blogs de journalistes, des blogs de voyages, des blogs lifestyle, etc.

Tous ont un point commun : la passion !

 

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Travelling with Annabelle, le blog d'Annabelle, une personne qui m'est chère, pas seulement parce qu'elle est capricorne comme moi mais aussi parce que nous partageons une passion commune pour les langues étrangères, les livres, les voyages... C'est précisément ce dernier thème que traite le blog d'Annabelle. Elle partage ses expèriences, ses périples dans le monde entier et donne surtout des anecdotes pratiques et utiles pour tout voyageur amateur ou aguérri. Besoin d'évasion ? Ce blog est une invitation au voyage.   

Le blog de référence du monde littéraire ! On y trouve d'excellentes chroniques sur la littérature et les arts. Pierre Assouline est chroniqueur, écrivain, journaliste, radiologue et prof à Sciences Po-Paris. Il crée son blog en 2005. Aujourd'hui, il est riche de milliers d'articles. Visiter ce blog de qualité est un détour obligatoire pour suivre l'actualité littéraire, politique, artistique et sociale en France et à l'étranger.

 

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Une petite équipe de professionnels passionnés dévoreurs de livres qui, depuis 1988, ouvre aux bibliothécaires, aux enseignants et aux familles, des fenêtres sur la littérature jeunesse et fournit des outils pour encourager et tonifier la lecture.

 

 

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Les mots sont, les mots font, les mots disent Les mots coulent, les mots roulent sur un fil. Moi, je laisse ces microbes, ces missiles Aux bavards, aux poètes si possible. Chez Clarabel, le blog où il fait bon lire.

 

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Un blog sans langue de bois sur la littérature, le cinéma et autres plaisirs culturels.

 

 

 Les jardins d'Hélène. Livres, culture et perles de vie...

 

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Libraire, booktubeuse et bloggeuse rousse et tatouée, Margaud Liseuse partage avec originalité son univers littéraire et affectionne particulièrement le genre Young Adult.

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Chroniques et actualité autour de la littérature "nouvelle génération" et des jeunes auteurs.


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Bienvenue dans la bibliothèque du monde ! Ici, c'est facile de trouver des livres, de partager des livres et de rencontrer d'autres amoureux des livres.

 

 
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Le Figaro littéraire est un hebdomadaire de 8 pages qui parait le jeudi en supplément du magazine quotidien. Le Figaro littéraire traite de la vie des Lettres et défend la tradition littéraire française. C'est un journal culturel avant tout littéraire mais on trouve également des pages consacrées au cinéma, à la musique et au théâtre.

 

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Bibliobs est idéal pour suivre l'actualité de la littérature et du livre : romans, essais, critiques, best-sellers, BD...

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Au chapître culture de l'Express, des pages sont consacrées aux auteurs et aux oeuvres qui font l'actualité du livre.

 

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Le Point culture/livre propose des articles consacrés à l'actualité littéraire et chaque semaine il offre sa sélection et ses conseils de livres de poches.


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